Demandes

Si le monde est sérieux dans sa volonté d’enrayer le changement climatique, il lui faut considérer une solution qui existe déjà.

Les peuples indigènes sont les meilleurs gardiens de la forêt ; là où leurs droits sont respectés, les forêts résistent et la biodiversité est protégée. Nous vivons maintenant officiellement la sixième extinction massive. Selon une étude menée par la Banque Mondiale en 2016, les peuples indigènes représentent 5 % de la population mondiale mais protègent 80 % de la biodiversité de notre planète.

Alors que les Etats peinent à respecter l’Accord Climatique de Paris dont le but est de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degrés, les peuples indigènes et les forêts qu’ils protègent constituent une solution prête à l’emploi pour combattre le changement climatique.

Ils ont 5 revendications :

  1. Reconnaissance de leurs terres, territoires et ressources
  2. Consentement
  3. Zéro violence
  4. Financement direct
  5. Connaissances ancestrales

Ces demandes partagées furent établies lors de la Conférence de l’ONU sur le Climat à New York en 2014 par les organisations indigènes de quatre régions abritant des forêts tropicales.

... la réussite de l’action pour le climat suppose que les peuples autochtones soient considérés comme de puissants agents de changement ... Les peuples autochtones et les changements climatiques - Bureau International du Travail - 2017
L'essence de notre vie, de notre culture et sa transmission depuis des générations, notre patrimoine, notre histoire et nos coutumes ... c’est la forêt. D'autres groupes considèrent la forêt comme une ressource accessible et exploitable. Ceci est source de friction menant au conflit. C’est l’expérience des peuples pygmées indigènes de la République Démocratique du Congo. Rappelons-nous que les écosystèmes avec la plus grande biodiversité se trouvent dans les zones habitées par les populations pygmées indigènes. Nous sommes fiers parce que nous construisons et sauvegardons ce qui est important pour l’humanité : la forêt. Joseph Intogwa, République Démocratique du Congo

Les 5 demandes expliquées

Reconnaissance de leurs terres, territoires et ressources

Pour protéger les forêts, les communautés autochtones ont besoin d’obtenir les droits de propriété sur leur terre ancestrale. En l’absence de titres fonciers officiels, les communautés traditionnelles sont souvent confrontées à de sérieux conflits. Par exemple, quand elles tentent d’expulser des exploitants forestiers illégaux, des braconniers et des voleurs de terre.

Nous disposons maintenant de preuves claires et indéniables que là où les droits des peuples indigènes sont respectées, les forêts résistent.

Seulement 0,6% de la forêt fut perdue dans les territoires indigènes en Amazonie brésilienne entre 2000 et 2012, comparé à 7% de la forêt en dehors de ces territoires.

Consentement

Quand des décisions sont prises concernant leurs forêts et leurs terres ancestrales, les communautés ont le droit à un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause. Elles devraient aussi pouvoir dire non quand les gouvernements et les sociétés menacent leurs moyens de subsistance.

Les populations autochtones représentent les meilleurs gardiens de la forêt, mais elles sont victimes de la convoitise et des besoins grandissant en ressources naturelles, en énergie fossile ou en nouvelles sources de nourriture et d’eau potable.

Zéro violence

La lutte pour protéger les forêts engendre souvent de graves conflits, parfois fatals. Les communautés devraient être épaulées dans leur travail. Et les leaders communautaires ne devraient pas être poursuivis par la loi lorsqu’ils défendent leur territoire et nos forêts.

On compte 46 indigènes tués en 2014 pour s’être opposés à la destruction de l’environnement. Le véritable nombre de victimes est probablement plus important, car les meurtres ont souvent lieu dans des villages isolés ou au plus profond de la jungle où ils ne sont pas déclarés.[2]

Le financement

Investment and direct access to finance for communities is vital to ensure good education, healthcare and rural development. Si les communautés se chargent de conserver nos forêts, nous devrions par conséquent les rémunérer en retour.

Investir dans les populations autochtones, c’est protéger les forêts, mais c’est aussi promouvoir un développement durable

Connaissances ancestrales

Nous appelons à la valorisation et à l’incorporation des connaissances ancestrales dans les politiques afin de prévenir les changements climatiques et y faire face.

D’un côté, compte tenu de l’ampleur et de la gravité des dangers dus aux changements climatiques – notamment ceux qui menacent leurs moyens d’existence, leurs cultures et leurs modes de vie – les peuples indigènes se trouvent dans une situation différente de celle d’autres catégories de population, y compris les plus démunies. D’un autre côté, du fait de leur savoir et de leurs activités traditionnelles, ils ont un rôle singulier à jouer dans l’action pour le climat, que ce soient les mesures d’atténuation et d’adaptation ou celles qui visent une transition juste. Les peuples autochtones et les changements climatiques - Bureau International du Travail - 2017
Les peuples autochtones ont le droit de participer à la prise de décisions sur des questions qui peuvent concerner leurs droits, par l’intermédiaire de représentants qu’ils ont eux-mêmes choisis conformément à leurs propres procédures, ainsi que le droit de conserver et de développer leurs propres institutions décisionnelles. Article 18, Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones