Les revendications des populations autochtones et des communautés locales

Si le monde est sérieux dans sa volonté d’enrayer le changement climatique, il lui faut considérer une solution qui existe déjà.

Reconnaissance de la terre, des territoires et des ressources

Pour protéger les forêts, les communautés autochtones ont besoin d’obtenir les droits de propriété sur leur terre ancestrale. En l’absence de titres fonciers officiels, les communautés traditionnelles sont souvent confrontées à de sérieux conflits. Par exemple, quand elles tentent d’expulser des exploitants forestiers illégaux, des braconniers et des voleurs de terre. Qui va croire leurs revendications sans cartes précises et sans titres de propriété légaux ?

Il existe maintenant des preuves claires et irréfutables que là où les populations autochtones ont des droits établis, les forêts demeurent. Seul un faible pourcentage de la forêt, 0,6 %, a été perdu sur les terres autochtones en Amazonie brésilienne entre 2000 et 2012, contre 7 % de la forêt hors de ces terres.[1]

Consentement

Quand des décisions sont prises concernant leurs forêts et leurs terres ancestrales, les communautés ont le droit à un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause. Elles devraient aussi pouvoir dire non quand les gouvernements et les sociétés menacent leurs moyens de subsistance.

Les populations autochtones représentent les meilleurs gardiens de la forêt, mais elles sont victimes de la convoitise et des besoins grandissant en ressources naturelles, en énergie fossile ou en nouvelles sources de nourriture et d’eau potable.

Zéro violence

La lutte pour protéger les forêts engendre souvent de graves conflits, parfois fatals. Les communautés devraient être épaulées dans leur travail. Et les leaders communautaires ne devraient pas être poursuivis par la loi lorsqu’ils défendent leur territoire et nos forêts.

On compte 46 indigènes tués en 2014 pour s’être opposés à la destruction de l’environnement. Le véritable nombre de victimes est probablement plus important, car les meurtres ont souvent lieu dans des villages isolés ou au plus profond de la jungle où ils ne sont pas déclarés.[2]

Le financement

L’investissement et l’accès direct au financement pour les communautés sont vitaux pour leur garantir une éducation, un système de santé et un développement rural de qualité. Si les communautés se chargent de conserver nos forêts, nous devrions par conséquent les rémunérer en retour.

Investir dans les populations autochtones, c’est protéger les forêts, mais c’est aussi promouvoir un développement durable